Le contexte général
par Annie Durand
Le Maroc est le pays du soleil couchant - al-Maghrib al-aqsa. C’est l’Etat le plus occidental de l’Afrique du Nord. Il est limité à l’ouest par l’Océan Atlantique (2 934 km de côtes), au nord par le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée (512 km de côtes) et n’est séparé du continent européen que par 14 km de mer. Il a des frontières terrestres communes avec l’Algérie (1 350 km), la Mauritanie (650 km) et l’Espagne (12 km) à Ceuta et Melilla. Le Maroc appartient à la fois au monde méditerranéen, au monde océanique et au monde saharien.

- carte du maroc
Relief
Le Maroc océanique est largement ouvert vers l’ouest. Les avancées du plateau central le séparent en bassins et plaines littorales successives : le Gharb où coule l’oued Sebou, le Doukkala avec l’oued Oum-er-R’bia, le Haouz et l’oued Tensift, le Sous avec l’oued Sous. L’important réseau hydrographique est en effet tourné vers l’Atlantique, à l’exception de la Moulouya qui se jette dans la Méditerranée. Tous ces oueds descendent de montagnes jeunes qui dessinent une longue dorsale de hautes terres flanquée de part et d’autre de plaines et plateaux. Ce relief montagneux comprend le Rif (djebel Tidighine, 2 488 mètres) au nord, suivi par le Moyen Atlas, le Haut Atlas (djebel Toubkal, 4 165 mètres, point culminant du Maghreb), l’Anti-Atlas limité au sud par l’oued Draa. Le Haut Atlas et le Rif encadrent une région tabulaire de hauts plateaux, la meseta, au-dessus de la vallée de la Moulouya, puis le massif central marocain avec ses roches anciennes. Au-delà commence le Sahara occidental, vaste désert rocailleux dont l’altitude est le plus souvent inférieure à 200 mètres.
Climat
Le climat marocain est à la fois méditerranéen et atlantique, avec une saison sèche et chaude doublée d’une saison froide et humide, la fin de la période chaude étant marquée par les pluies d’octobre. La présence de la mer atténue les écarts de température, tempère les saisons et accroît l’humidité de l’air (400 à 800 mm de pluies sur le littoral). Dans l’intérieur, le climat varie en fonction de l’altitude. Les étés sont chauds et secs, surtout lorsque souffle le sirocco brûlant ou le chergui, vent d ’été venant du Sahara. A cette saison, les températures moyennes sont de 22° C à 24° C. Les hivers sont froids et pluvieux avec gel et neige fréquents. La température moyenne évolue alors de 12° C à 14° C et peut descendre exceptionnellement jusqu’à - 20° C. Le Maroc présaharien et saharien a un climat désertique sec.
Principaux repères historiques du Maroc
- vers 2000 av. J.-C. : Civilisation rurale berbère.
- XIe av. J.-C : Les Phéniciens puis les Carthaginois fondent des comptoirs le long de la côte méditerranéenne, puis atlantique.
- IIe av. J.-C. : Domination romaine.
- À partir du IIIe s. : Domination vandale, puis byzantine.
- 647 : Avènement de l’Islam, début du processus d’islamisation.
- 711 : Début de la conquête de l’Espagne.
- VIIIe-XVIIe s. : Règne des dynasties (Idrissides, Almoravides, Almohades, Mérinides, Saâdiens).
- 1650 : Avènement de la dynastie chérifienne alaouite.
- 1844 (14 août) : La « défaite d’Isly », première grande défaite face à l’armée française.
- 1912 (30 mars) : Protectorat français.
- 1921-1926 : Guerre du Rif.
- 1953 : Exil de Mohammed V.
- 1956 (3 mars) : Rétablissement du sultan Mohammed, accession à l’indépendance.
- 1961 : Décès de Mohamed V, Hassan II accède au trône.
- 1975 : « La marche verte ». Sahara.
- 1976 (26 février) : Fin de la présence espagnole au Sahara occidental.
- 1988 (30 août) : Plan de paix de l’ONU pour le Sahara occidental prévoyant l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
- 1989 : Création de l’UMA (Union du Maghreb arabe).
- 1992 (18 mai) : Création d’un bloc démocratique par les partis nationalistes.
- 1992 (28 mai) : Ratification du traité de 1972 délimitant la frontière avec l’Algérie.
- 1993 (25 juin) : Elections législatives : la coalition du bloc démocratique arrive en tête. Deux femmes au parlement.
- 1994 (1er juillet) : Libération des prisonniers politiques et retour des exilés.
- 1994 (30 septembre) : Ouverture d’un bureau de liaison avec Israël.
- 1994 (Octobre) : Attaque terroriste à Marrakech.
- 1994 (30 octobre) : 1ère conférence sur le Maghreb et le Proche Orient à Casablanca pour promouvoir les investissements privés dans la région et appeler à la fin du conflit du Proche Orient.
- 1995 (11 décembre) : Négociation d’un accord d’association avec l’Union Européenne.
- 1997 (Septembre) : Elections législatives. Les socialistes arrivent en tête.
- 1998 (4 février) : Nomination d’un socialiste, A. Youssoufi, comme Premier ministre, qui constitue en avril son équipe avec une coalition de 7 partis et des ministères de souveraineté royale.
- 1999 (23 juillet) : Mort de Hassan II enterré à Rabat en présence de 40 chefs d’Etats et de gouvernements et de 3 millions de Marocains. Avènement de Mohamed VI.
- 1999 (Octobre-novembre) : Retour d’exilés comme A. Serfaty et la famille Ben Barka.
- 2000 (1er mars) : Entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’Union Européenne.
- 2001 (28 octobre) : Rappel de l’ambassadeur marocain à Madrid. Tension avec l’Espagne.
- 2002 (7 avril) : Grande manifestation pour la Palestine à Rabat.
Après un survol du contexte général du Maroc, l’on constate que ce pays est caractérisé par la diversité géographique. Historiquement, le Maroc est un pays qui fut marqué par la violence et plusieurs ruptures quand on pense à la conquête espagnole, le protectorat français, la guerre du Rif, le règne d’Hassan II, etc.
The population
par Michelle Bakos
Morocco is the third most populous Arab country, after Egypt and Sudan. Most Moroccans are Sunni Muslims of Arab, Berber, or mixed Arab-Berber stock. The Arabs invaded Morocco in the 7th and 11th centuries and established their culture there. Morocco’s Jewish minority has decreased significantly and numbers about 7,000 (See History of the Jews in Morocco). Most of the 100,000 foreign residents are French or Spanish ; many are teachers or technicians.
Morocco’s official language is classical Arabic. The country’s distinctive Arabic dialect is called Moroccan Arabic. Approximately 10 million (1 third of the population), mostly in rural areas, speak Berber —which exists in Morocco in three different dialects (Tarifit, Tashelhiyt, and Tamazight)— either as a first language or bilingually with the spoken Arabic dialect. French, which remains Morocco’s unofficial second language, is taught universally and still serves as Morocco’s primary language of commerce and economics. It also is widely used in education and government. About 20,000 Moroccans in the northern part of the country speak Spanish as a second language in parallel with Tarifit. English, while still far behind French and Spanish in terms of number of speakers, is rapidly becoming the foreign language of choice among educated youth. As a result of national education reforms entering into force in late 2002, English will be taught in all public schools from the fourth year on.
Education in Morocco is free and compulsory through primary school (age 15). Nevertheless, many children —particularly girls in rural areas— still do not attend school. The country’s illiteracy rate has been stuck at around 50% for some years but reaches as high as 90% among girls in rural regions. Morocco has about 230,000 students enrolled in 14 public universities. The oldest and in some ways the most prestigious is « Mohammed V University » in Rabat -along with Al Akhawayn University in Ifrane (a private university)-, with faculties of law, sciences, liberal arts, and medicine. Al-Akhawayn, founded in 1993 by King Hassan II and King Fahd of Saudi Arabia, is an English-medium, American-style university comprising about 1,000 students. University of Karueein, in Fez, has been a center for Islamic studies for more than 1,000 years.
The birth and death rates are as follows : 22.29 births/1,000 population (2005 est.) 5.64 deaths/1,000 population (2005 est.). The infant death rate is total : 41.62 deaths/1,000 live births. People with AIDS is 15,000 (2001 est.). There is an intermediate risk of diseases. Mainly, there is bacterial diarrhea, and hepatitis A.
With an economic growth reaching four percent per year, Morocco managed to reduce levels of malnutrition. Between 1980 and 1996, the daily food ration increased from 2 723 to 3 186 calories. This quantity is comparable to the one observed in some industrialized countries. This increase is attributable to the growth of food production and to the development of commercial exchange.
However, almost half of the population live in rural areas, where poverty and vulnerability persist, notably among those that practice traditional small scale agriculture and among the shepherds. Approximately two million people suffer from malnutrition. Only 50 percent of the Moroccan population have access to safe water and some 56 percent among them are illiterate. The environmental problems constitute a short term threat ; there is a shortage of water for agriculture and pasture, and 61 percent of the land is severely degraded. The Moroccan economic and social development policy has always had food security as one of the top priorities. Important efforts have been made to stabilize the food supply for the population, improve their living conditions as well as the purchasing power of households.
In spite of Morocco’s relatively high food production through fisheries, the national economy benefited more from the foreign trade than from the domestic supply of the fishery products. The level of fish consumption remained relatively low (estimated between 7.5 and 9.7 kg per capita). Hence, the question arises whether strengthening the liberalization of international trade actually improves the food security on a national scale.
Économie du maroc
par Annie Durand
Introduction
Aujourd’hui le Maroc fait partie de la catégorie des pays émergents, au même titre que la Tunisie ou la Turquie
Le Maroc dispose d’une économie de marché libérale régie par la loi de l’offre et de la demande (bien qu’aujourd’hui certains secteurs économiques restent encore dans les mains du gouvernement).
Le système économique du pays présente plusieurs facettes. Il se caractérise par une grande ouverture vers l’extérieur, à ce titre nous pouvons citer les différents accords de libre échange que le Maroc a ratifié avec ses principaux partenaires économiques :
- L’accord de libre échange avec l’Union Européenne dans l’objectif d’intégrer la (ZLE) Zone Européenne de Libre Échange à l’horizon 2012.
- L’accord Agadir, signé avec l’Égypte, la Jordanie, et la Tunisie, dans le cadre de la mise en place de la Zone Arabe de Libre Échange.
- L’accord de libre échange avec la Turquie.
- Et dernièrement l’accord de libre échange avec les Etats-Unis, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2006.
Le Maroc est parmi l’un des rares pays arabes, au même titre que le Liban, à ne pas posséder de ressources gazières et pétrolières.
Dès l’indépendance les dirigeants ont décidé d’exploiter les possibilités immédiates qu’offrait le pays. Les objectifs gouvernementaux, avaient plusieurs buts :
- La valorisation de l’aspect rural, et agricole du pays afin de bâtir une agriculture, moderne et performante, malgré les conditions climatiques dont souffre le pays. Ceci dans l’objectif d’alimenter l’exportation, les marchés intérieurs du pays, et l’industrie agro alimentaire. Il faut aussi noter que le secteur de la pêche contribue fortement aux exportations.
- Les autorités ont opté pour l’exploitation à grande échelle des gisements de phosphates dont le pays possède environ 1/3 des réserves mondiales connus à ce jour, entraînant ainsi la mise en place d’un important pôle chimique pour leurs transformations et leurs mises en valeurs.
- Le secteur de l’industrie de transformation n’est pas demeuré en reste, puisque le pays cherche toujours à attirer de plus en plus d’investisseurs étrangers. Le gouvernement vise le renforcement de plusieurs secteurs comme le textile, les industries de transformation légère, l’industrie mécanique, pharmaceutique, électronique, les nouvelles technologies et dernièrement le secteur de l’aéronautique grâce aux entreprises nationales et surtout aussi aux nombreuses délocalisations européenne dans ce domaine vers le Maroc.
- Au Maroc le développement du tourisme à retenue une grande attention de la part du gouvernement. D’ailleurs, ce dernier a depuis toujours fortement incité les investisseurs privés marocains et les grands groupes internationaux à investir massivement dans ce secteur.
- Le développement du domaine tertiaire s’est fortement accéléré depuis plus d’une dizaine d’années, avec notamment, les secteurs de la banque, de la finance, de la grande distribution et de la téléphonie mobile.
Les dessous de l’évolution de la croissance industrielle marocaine
Trois décennies après son indépendance, le Maroc est à la recherche d’une nouvelle politique industrielle. Dès le début des années soixante, la gestion du secteur des industries de transformation avait imposé à l’état de définir des choix stratégiques dans le but de revaloriser le poids du secteur industriel dans le système productif et dans la dynamique sociale, ce qui a appelé des interventions plus accentuées de l’État au niveau du renforcement des politiques de régulation du secteur, d’incitation des acteurs ainsi qu’au niveau de la constitution d’un patrimoine public. De ces actions a résulté un tissu industriel relativement diversifié mais surtout fragile et largement exposé aux contraintes externes.
L’héritage colonial avait légué un modèle de croissance de type agro-minier ou prédominaient un secteur primaire de production et une faible diversification du système productif. En marge de ce modèle, quelques activités industrielles s’étaient créées, dominées par l’initiative des groupes privés français, dans la transformation des produits de pêche, de l’élevage ou du sol. Au lendemain de l’indépendance, une rupture s’imposait ; le Maroc devait s’assurer la mise en place de secteurs de base, approvisionnés par les matières premières locales et autour desquels devait se greffer des structures de transformation industrielles. Ces choix nécessitaient des investissements importants financés par l’épargne national mais l’État a bloqué à ce niveau, sous la pression des tensions politiques et économiques. Ce qui a alors eu comme conséquences que la part de l’industrie dans le PIB ainsi que son intégration aux autres secteurs économiques est restée faible.
Dans les années soixante-dix, l’essor de l’industrie phosphatière a offert un surplus financier affecté au financement de grands projets et l’État s’est engagé principalement dans certaines industries techniquement évoluées (chimie, ciment, sucre). Mais, parallèlement à ces activités, des holding financiers dépendants de l’État ont pris des participations dans des activités de transformation (textiles, produits laitiers, montage électrique). Cette dynamique de l’investissement industriel a enclanché des changements structurels vers les branches produisant des biens intermédiaires (biens en cours de production : transformés, composants et pièces détachées). L’échange de cette catégorie de biens engendre une interruption des processus productifs qui conduit à une division verticale du travail : les pays se spécialisent sur des segments de processus plutôt que sur des biens finals. L’échange international de biens intermédiaires est alors à l’origine d’un gain d’efficacité supplémentaire par rapport au seul échange de biens finals, ce qui favorise les importations et exportations. En somme cela est positif pour l’économie d’un pays, mais il aurait fallu que l’industrie nationale participe davantage à la couverture de ses besoins propres en biens d’équipement, qui malheureusement, ne s’est pas proportionnellement amélioré, ce qui s’est traduit par un blocage du processus d’industrialisation du Maroc.
Pour améliorer la situation, le programme d’ajustement a proposé de nouvelles orientations. On parlait alors de politique de substitution des importations (remplacer ses importations par une production locale) dans de nombreux secteurs ou l’écart entre la production et la demande était considérable. Dans ce cas, il est nécessaire d’identifier les biens disposant d’un potentiel de marché, permettant d’augmenter la valorisation interne des ressources naturelles avec un coût en capital relativement bas, une technologie simple et pour lesquels la concurrence a été atténuée par des mesures protectionnistes. À cette époque au Maroc, les industries du textile, du cuir et de l’alimentaire étaient les plus concernées. Mais ces activités restaient liées dans leur évolution, à la dimension du marché marocain et celle-ci s’est révélée très limitée, ce qui fait que ces secteurs ont commencé à tendre vers une situation de saturation du marché interne.
De plus, la pression de la demande d’importation des biens d’équipement, la surcapacité de production dans un marché restreint, l’inadéquation des techniques de production par rapport au marché du travail, l’incohérence des mesures d’accompagnement de la politique industrielle ont conduit à une raréfaction des opportunités d’investissement, dans les années 1968-1972, qui se sont limitées à des extentions d’unités existantes (chimie, ciment, sucre) ou à la création de petites unités de valorisation de produits bruts importés (plastique, articles de ménage). C’est donc seulement avec la conjoncture économique favorable des années 1973-1977 qu’on a pu relancer la substitution des importations en concentrant les capitaux publics dans la couverture des besoins en produits alimentaires de base (sucre, dérivés laitiers, alimentation du bétail) mais la substitution des importations dans le secteur des biens intermédiaires et d’équipement demeurait toujours difficile à financer.
Face aux contradictions de la politique d’import-substitution, les pouvoirs publics ont cherché à orienter le développement du secteur industriel vers l’extérieur. Cette orientation révèle la volonté de desserer la contrainte du marché national, de compenser l’incompressibilité de certaines importations par des exportations de produits manufacturés et d’améliorer la productivité industrielle par l’ouverture sur la concurrence internationale. Dans cette compétition ouverte entre les pays du Tiers-Monde, le Maroc s’efforce de se doter de certains avantages comparatifs que sont l’abondance de sa main d’œuvre et sa situation géographique par rapport aux marchés internationaux. Par contre, la promotion des exportations de produits manufacturés n’a pas abouti aux résultats escomptés, ceci dû, entre autre, au fait que le Maroc travaillait avec une matière première et des produits intermédiaires importés donc, le potentiel d’entraînement des autres secteurs économiques en était réduit.
On a également vu l’industrialisation du Maroc soutenue par des systèmes d’incitation tels que la protection du marché intérieur, l’encouragement à l’investissement en faveur de l’industrie, la promotion des exportations manufacturières et une politique de désengagement et limitation de l’État dans la gestion du secteur industriel. C’est donc dans ce cadre que l’État soutenait l’industrie naissante par le biais de tarifs et de quotas et tentait de stimuler la concurrence intérieure, ce qui déboucha sur un nouveau programme d’importations justement renforcé par la substitution des importations discutée précemment. Au niveau des investissements, on a promulgé une série de mesures d’investissement destinés à agir sur les conditions de financement et à réduire les coûts d’interventions dans le secteur industriel et l’on assista également à la création de petites et moyennes industries, oeuvrant dans un contexte parsemé d’entraves qui rendent les initiatives difficiles.
En effet, à partir de 1970, l’industrie est devenue le pôle privilégié de l’affectation des ressources publiques, participation qui s’est étendue à tous les secteurs mais principalement en chimie, agro-alimentaire, métallurgie et mécanique. Par contre, un certain nombre de risques pèsent sur les entreprises publiques industrielles et induisent des effets perverts dans leur fonctionnement : dispersion des participations et incohérence dans les politiques d’extention.
En 1973, la marocanisation est intervenue pour définir un nouveau partage entre les capitaux étrangers et nationaux.
« Qu’est-ce que la marocanisation ?
Une politique d’industrialisation, dix ans d’expérience l’ont prouvé, suppose une nationalisation et une expropriation des banques étrangères qui détiennent et contrôlent le financement de l’économie du Maroc.
Aussi, le pouvoir ne pouvait-il rester silencieux devant une telle situation. Sa politique a été définie : ni nationalisation, ni expropriation, mais marocanisation. La poussée du marasme économique et des revendications de la grande bourgeoisie d’affaires a conduit le pouvoir à définir cette politique qui consiste à développer et légaliser le mariage de cette grande bourgeoisie marocaine avec les entreprises et les banques étrangères existant au Maroc. L’une des deux faces de la politique de marocanisation consiste plus précisément à associer l’oligarchie marocaine aux grandes affaires industrielles et commerciales étrangères, plus particulièrement françaises. Pour le capitalisme français au Maroc, c’est une assurance politique pour le maintien et le développement de ses affaires dans la plus pure lignée coloniale. La différence ? Des Marocains dans les conseils d’administration, très choisis et qui ont fait la preuve de leur « compétence ». Cette face de la politique de marocanisation, bâtie de concert avec les banques étrangères qui contrôlent notre économie et notre commerce extérieur, est destinée a mieux cimenter 1’oligarchie.
La deuxième face de cette marocanisation est adressée à la bourgeoisie dans son ensemble ou du moins à ses fils, sortis des facultés, et qui trépignent dans les antichambres pour une demande d’emploi dans les assurances et les banques. Elle concerne la marocanisation des cadres qui s’avère nécessaire car le chômage s’installe au sein même des diplômés qui commencent à prendre, tout comme nos ouvriers, le chemin de l’exil. Elle consiste à remplacer les technocrates français par de jeunes Marocains qui se mettraient au service des compagnies et des banques étrangères. Ainsi, la marocanisation remplirait une double fonction d’élargissement de la base sociale du pouvoir :
http://www.seattleu.edu/souffles/S2... |
Le volume des investissement affectés aux activités manufacturières a cru à un rythme faible durant les années 1965-1973 puis s’est nettement accéléré dans la période 1973-77. Ce changement de rythme exprime une plus grande mobilisation des ressources au profit de l’industrie à travers les programmes de l’État et la mise en œuvre de la marocanisation.
Également, dans les années soixante-dix, le Maroc a fortement investi dans les industries ou le rapport du capital à la production est élevé (sucre, ciment, chimie, etc). Cette orientation de la croissance n’a pas été favorable à une optimisation de la création d’emploi car la contrainte du financement a limité l’exploitation de ces potentialités. La recherche d’une réduction des coûts en capital dans la création d’emploi a conduit les pouvoirs publics à accorder une préférence aux projets de plus petite envergure menant donc à une inutilisation du capital humain au sein des industries. Notez que selon les chiffres actuels (2004), le taux de chômage atteint officiellement 20%, mais serait plus proche de 50% dans la réalité. À partir de 1981, la tendance de la part des exportations dans la production manufacturière a commencé à se relever en augmentant dans presque toutes les branches. Néanmois, c’est toujours la demande interne qui reste le débouché principal de la production industrielle. Si le Maroc fait partie de cette nouvelle vague de pays du Tiers-Monde exportateurs de produits industriels, la structure de ses exportations ne correspond pas à celle de la plupart des pays semi-industriels. Les articles exportés sont essentiellement d’origine agricole ou minérale. Mais dès 1984, les organismes financiers internationaux expliquent le succès limité du programme de stabilisation par le fait qu’il ne mettait pas l’accent sur les exportations, la productivité et la croissance, et estimait que le « Maroc ne pourrait redresser son économie et retrouver sa solvabilité qu’au prix d’une réforme structurelle radicale qui lui permettrait de produire des biens et services tant pour le marché local que pour l’exportation ».
On dit par contre, que des réserves peuvent être formulées quant à l’effet direct des exportations inutrielles sur la croissance du PIB. Il est évident que l’accroissement des ventes implique une augmentation de la valeur ajoutée mais cet effet multiplicateur ne peut être soutenu que si les effets positifs de l’exportation l’emportent sur les effets négatifs de l’importation. Dans le cas du Maroc, il est douteux que l’économie de ce pays puisse bénéficier de cet effet favorable alors que sa tendance est de se spécialiser dans les cycles de fabrication qui limitent l’apport de la main d’œuvre, que l’approvisionnement des activités industrielles se fait par l’extérieur et qu’elle se limite à une économie de sous-traitance.
D’un autre côté, la réforme bancaire a été consolidée entre autre en libérant les taux de crédit débiteurs et créditeurs. Le développement du marché financier peut élargir et diversifier les ressources disponibles pour les entreprises industrielles, tout en améliorant l’efficacité de l’intervention dans l’allocation de ces ressources. Une série de mesures d’encouragement a été prévue à cet effet : incitation des organismes institutionnels à une intervention plus agressive, encouragement à la création de sociétés de gestion de portefeuilles, avantages fiscaux. Mais l’effet de ces mesures ne se fait sentir qu’à moyen terme et dépend des mutations dans les structures des entreprises et du rendement procuré par les opportunités de placement.
En ce qui concerne le désengagement de l’État dans la sphère économique, le Maroc est présentement en processus de restructuration du secteur publique industriel et recours à la formule de la privatisation qui serait, théoriquement, le moyen d’augmenter la compétitivité par une meilleure mobilisation des ressources fiscales et une diminution des tranferts budgétaires. À court terme, les conditions favorables à un influx de capitaux étrangers pour supporter la politique de privatisation ne sont pas réunies mais les sociétés d’investissement arabes déjà implantées au Maroc pourraient intervenir quoique leur préférence se porte en général, vers l’immobilier et l’hôtellerie. L’application de cette formule commence à s’étendre tranquillement du côté des unités industrielles.
En conclusion, la croissance industrielle du Maroc s’est réalisé plus en extention horizontale (sur des processus entiers de production) qu’en intégration verticale (sur des segments de processus de production). Souffrant de nombreuses insuffisances, l’industrie manque de compétitivité. En se refermant sur elle-même sans réussir les conditions d’un plus grand autocentrage de sa croissance, elle n’a pas pu lever les contraintes associées à l’étroitesse du marché domestique et aux chocs extérieurs. Le processus d’ajustement structurel met l’accent sur la prédominance du marché international sur le marché intérieur, du secteur privé sur le secteur public. S’il n’est évidemment pas question de nier l’importance qu’il y a à développer les capacités d’exportation dans ce secteur, les perspectives qu’offrent ces nouveaux choix sont pour le moins incertaines à assurer une industrialisation en profondeur.
Place et rôle du secteur informel dans l’économie marocaine
Les emplois du secteur informel sont une composante durable et structurelle de l’économie urbaine et offrent une échappatoire d’importance aux effets de l’exode rural en absorbant une bonne partie de la main d’œuvre à la recherche d’emploi (notez qu’en 2004, le taux d’urbanisation du Maroc était de 55,1%). Pourvoyeuses de bras, ces micro-unités seraient génératrices de revenus permettant à une fraction croissante de la population de vivre. Elles constitueraient même une réserve de qualifications pour le secteur moderne en dispensant une formation sur le tas dans des relations paternalistes complexes.
Pourtant, jusqu’en 1972, ces petites activités de production et de services étaient négligées, méconnues et sacrifiées au profit de l’étude exclusive des grandes entreprises industrielles modernes. Mais la modernisation de l’économie n’a pas répondu aux espoirs de ses promoteurs et elle a donné naissance à des phénomènes économiques complexes, multiformes et contradictoires. Plus précisément, le secteur moderne n’a pas connu une évolution telle qu’il soit capable de résorber une main d’œuvre provenant de la campagne et le chômage visible ne suit pas l’évolution de ces flux migratoires. Comment de nouveaux arrivants de la campagne peuvent-ils subsister et vivre dans les villes sans exercer un travail stable salarié et déclaré ? D’ou la découverte d’un secteur mal connu, informel, dont font partie les transporteurs, artisans, maçons, menuisiers, gardiens de voitures, marchands ambulants qui grouillent et s’agitent dans les rues des villes. Payés à la tâche, à la pièce ou en nature et ne bénéficiant d’aucune couverture sociale, ils marchandent tout haut avec les pauvres et les riches, échangent des paroles et des biens et s’approprient la rue. Le trottoire est leur univers.
Le secteur informel est présenté comme un secteur refuge, fourre tout ou l’on classe des petites entreprises modernes, des affaires artisanales organisées et des établissement en marge des lois et des règlements. Mais en même temps, ce secteur est conçu comme un ensemble cohérent d’activités avec sa propre dynamique de fonctionnement. Ce secteur informel est-il une forme de production artisanale caractérisée par la quasi absence de salariat, la petite taille et une technologie simple ? Ou est-ce une ensemble d’activités qui produisent des biens et services à l’abri des contraintes légales et qui cherchent à échapper à certaines rigidités (ex : impôts).
La saisie du secteur informel ne peut se contenter du dénombrement exclusif des petites unités artisanales visibles ayant pignon sur rue, payant des impôts et disposant d’un local. Les activités en marge de la loi constituent, au même titre que les petits métiers localisés, une composante essentielle du secteur informel. Pour mieux cerner ce concept, et parce que l’on ne peut mettre sur le même pied d’égalité un guide clandestin, un transporteur de marchandises et un gardien de parking, on fait la distinction entre :
- Les activités de survie : cireurs, transporteurs à dos d’âne.
- Les activités artisanales : nécessitant un capital de départ et un minimum de qualifications.
- Les activités transitionnelles : peuvent impliquer un ou plusieurs métiers, caractérisées par une solidarité structurelle dont les enjeux sociaux sont parfois graves. Exemple : la construction d’habitats non autorisés.
L’ensemble de ces activités échappent de toute façon à la comptabilité sociale c’est-à-dire au regard et au jauge de l’État, c’est pourquoi j’ai jugé important d’y consacrer une section pour le cadre de ce travail.
Portrait chiffré du Maroc actuel
Aujourd’hui les grandes réformes et les grands chantiers entamés par le pays ont commencés à donner de bons résultats, et ceci même durant les mauvaises saisons agricoles dû à des périodes de sécheresse très aigus.
Malgré tout cela il reste à fournir encore beaucoup à faire pour que le pays s’engage définitivement dans la voie du développement économique durable, plusieurs grands défis, reste à relever, notamment ceux concernant la démographie, le chômage, l’analphabétisme, mais aussi de la généralisation massive de l’accès aux soins, à l’eau potable et à l’électricité pour les populations vivant dans les zones rurales reculées.
On constate que le PIB s’affaibli graduellement. Parallèlement à cela et Malgré les efforts « positifs » que réalise le Maroc en matière de réformes structurelles, le taux de croissance économique du pays, qui s’établit à 4%, demeure « insuffisant » pour relever le défi de la création de nouvelles opportunités d’emplois et la résorption du chômage, selon la Banque mondiale.
Le revenu national brut (RNB) par habitant du Maroc était de 1320 $US en 2003 (comparativement à 23 930 $US pour le Canada). Anciennement appelé produit national brut ou PNB. Le (RNB) est égal au PIB plus le revenu net provenant des placements à l’étranger (moins les paiements équivalents versés à des non-résidants qui contribuent à l’économie intérieure).
Le tableau suivant donne également une meilleure idée du poids des différents secteurs d’activité économiques au Maroc.

Principales ressources naturelles
Les principales productions agricoles du Maroc sont les céréales (blé, orge et mais), la betterave à sucre, les agrumes (oranges et clémentines), le raisin, les tomates, les olives, et l’élevage. La production céréalière fait vivre une grande partie de la population rurale du pays. Malgré les progrès de l’irrigation dans le centre et le sud du pays, la céréale reste une production dépendante d’une bonne pluviométrie. Les volumes de production peuvent, d’une année à une autre, varier du simple au triple en fonction des conditions climatiques. Au Maroc, on trouve l’existence d’exploitations modernes concentrées sur la cote Atlantique et le centre du pays, cohabitant avec une agriculture de subsistance. Grâce à la construction de nombreux barrages et à la mise en valeur d’importantes zones irriguées le secteur des fruits et légumes est celui qui offre à long terme les plus grandes possibilités d’évolutions. Ce secteur a permis le développement d’une production arboricole performante qui offre de certains avantages ; elle permet aux populations rurales d’obtenir des revenus suffisants, ce qui peut éventuellement prévenir les flux d’éxodes en direction des centres urbains. Les récoltes permettent également d’alimenter les exportations du pays, tout en leurs offrant d’important débouchés vers l’industrie agro-alimentaire locale. Les principaux produits d’exportations sont la tomate, les agrumes (oranges, mandarines, clémentines, etc…), ainsi que les légumes comme la pomme de terre, la courgette, et les aubergines, produits principalement dans le sud du pays. Le maroc est également l’un des plus importants producteurs et exportateur d’olive et d’huile d’olive. Finalement, l’industrie de la pêche et l’élevage font aussi partie des ressources naturelles exploitées par ce pays.
Indice de développement humain
En 1999, le Maroc enregistrait un Indice de développement humain de 0,596. Ce qui classe ce pays au 112e rang mondial sur 162 pays. La Maroc est donc un pays à développement humain MOYEN.
Conclusion
À la lumière de ce chapitre, nous pouvons conclure que le Maroc est un pays émergent, qui dispose d’une économie de marché libérale régie par la loi de l’offre et de la demande (bien qu’aujourd’hui certains secteurs économiques restent encore dans les mains du gouvernement). Monarchie qui tente de se diriger vers une démocratie, son système économique se caractérise par une plus grande ouverture vers l’extérieur, ce qui prouve en partie que le Maroc est un pays du Tiers-Monde en développement. Par contre, le ralentissement de la croissance en PIB des dernières années, ainsi que le problème fondamental du taux de chômage élevé démontrent que le Maroc a encore du chemin à faire avant de redresser son économie.
The Environment
par Michelle Bakos
Agriculture production
Major cereals
Production of the three major cereals (hard wheat, soft wheat and barley) reached in 1996 around 100 million quintals, which is a 100% increase in comparison with the average production of the 1991-1995 period. Thanks to this output, 115% of the consumption needs were met in comparison with a previous average rate of 80%.
Citrus fruits
Citrus fruits are grown over an area of 74,700 hectares, or 10% of the total area where fruit trees are grown. Most of the citrus fruits fields are located in the regions of Souss, Gharb, Moulouya and Tadla which hold together more than 80% of the total area. A percentage of 44 % of the national citrus fruits output is destined to exportation, 10% are processed and 46% are consumed fresh at the local market.
Animal production
Regarding animal production, the year 1996 recorded a production of 850 million liters of milk (+54% in comparison with 1995), 250,000 tons of red meat (-16%) and 230,000 tons of white meat (+20)
Environmental issues
In Morocco the acceleration of economic and demographic development (together with rapid urbanisation, growing industrialisation, and the emergence of export-intensive agriculture) has, in the past two decades especially, stepped up the pressures on the environment and natural resources, triggering a process of increasing degradation. The most important features of this degradation process are a growing shortage of water resources accompanied by deterioration of water quality, widespread soil erosion (with an estimated annual loss of 20–25,000 ha of arable land), increasing deforestation (by some 50,000 ha of forest per year), desertification, air pollution, and growing risks posed by the need to protect biological diversity. Part of the damage that has occurred is regarded by experts as irreversible. This situation is all the more alarming as Morocco is certainly one of the Arab states relatively privileged in terms of geography and natural conditions. Morocco owes its special geographical position to the Atlas Mountains, which block the course of, and retain, humid air currents originating in the Atlantic Ocean while at the same time they shelter the Atlantic plain from the arid southern winds from the Sahara. Mountain rainfall resulting from dynamic pressure and orographic ascent and forests, which presently cover roughly 5.2 million ha of its territory, ensure the country’s water resources. Thus, for instance, Morocco has rivers that bear water throughout the year, and these provide the conditions necessary for relatively secure irrigated farming. These comparatively favourable natural conditions are supplemented by an economic production structure rooted in history (dominated even today by agriculture and small industries), and these factors have likewise contributed to placing Morocco in a position relatively advantageous in terms of the environmental effects they entail.
The acuteness of the environmental problems facing the country, and the fact that they are growing in spite of the favorable situation just sketched, have, under the influence of the intensified international discussion, also led Morocco to formulate official environmental and resource protection policies, which have attracted growing attention. Morocco’s environmental policy has on the whole, however, not been able to keep pace with the emerging challenges. The aim of this paper is to present some of the important reasons for this failure which are related to problems in the field of institutional developments and the marginal role which NGOs play for participation of the general public. In Morocco national environmental policy has been under development for just two decades. The beginnings go back to the first international environmental conference held in Stockholm in 1972, which provided a distinct contribution toward sensitising public awareness of problems associated with environmental protection. Morocco’s environmental policy in this way received important impulses from abroad. The manner in which environmental policy was initiated in Morocco thus differs fundamentally from the way it has developed in industrialised countries. In the industrialised countries public pressure on those in positions of political power led to awareness of environmental problems and the development of environmental policy into an important policy sphere. Iin Morocco–as in most other developing countries–the first approaches towards the development of an environmental policy came chiefly « from the top ».
Spectacularly diverse, Morocco combines sand, sea and snow in a way that Club Med developers can only dream about. The southern coast stretches to the edge of the Western Sahara while to the north, the bulk of Morocco’s population fills the foothills of the often snow-capped Atlas Mountains. The mountains provide a buffer against the country’s dangerously rowdy eastern neighbour, Algeria. Between the mountains and Morocco’s Atlantic coast are plateaus and plains that are fertile and well-watered. In the extreme south, at the edge of the Anti Atlas, the gorges, like the rivers that flow at their bases, gradually peter out into the endless sand and stony wastes of the vast Sahara.
Petroleum
SAMIR is the main supplier of refined petroleum products on the Moroccan market covering more than 90 % of market needs. The project entails a substantial technological modernization of the refinery including inter-alia a new hydro cracking unit and updated environmental facilities. The goal is to enable SAMIR to address growing domestic demand for semi-distilled products and manufacture products that comply with international environmental standards. The project aims at enabling SAMIR to comply with international environmental standards governing pollutants from its production facilities as well as dramatically reducing air pollutants generated in the combustion of SAMIR refined products. Such improvement would particularly result in a considerable reduction of sulphur oxide emissions in motor exhaust fumes. This project is expected to have a positive impact on populations’ health, notably by reducing the incidence of respiratory diseases. The project also aims at enhancing the commercial competitiveness of SAMIR by reducing production costs, to prepare the corporation for competition in a market that will be liberalized from 2012 ; and raising supply to meet domestic demand for refined products. Economic benefits likely to accrue from this project include a significant contribution to the economy of the region of Mohammedia in which the project is located. The project will promote transfer of technology and enhance the skills of the local workforce. This is the first project of the ADB Private Sector Window directly supporting environmental efforts to reduce air pollution. The ADB operations in Morocco started in 1970. To date, its commitments in the country stand at US$ 4.9 billion in 85 operaEnvironment—current issues : land degradation/desertification (soil erosion resulting from farming of marginal areas, overgrazing, destruction of vegetation) ; water supplies contaminated by raw sewage ; siltation of reservoirs ; oil pollution of coastal waters Environment—international agreements : Biodiversity, Climate Change, Desertification, Endangered Species, Hazardous Wastes, Marine Dumping, Nuclear Test Ban, Ozone Layer Protection, Ship Pollution, Wetlands signed, but not ratified : Environmental Modification, Law of the Sea.
Morocco uses approximately 85 percent of its water for agriculture, but only about 14 percent is irrigated. Yet this irrigated portion produces 45 percent of its output and accounts for 70 percent of total agricultural exports, making Morocco heavily dependent on irrigated agriculture. However, its future in this regard is fragile as water resources become more scarce and the economy becomes more industrialized. Morocco, like Jordan, is a water-scarce country on the verge of the water crisis. Water consumption has already reached the level at which “water stress” usually begins (1000 m3/p/yr.). In the year 2020 it is estimated that 35 percent of the population will be below the level of severe stress conditions of 500 m3/p/yr. The Water Code of 1995 outlines the strategic direction of water resources management in Morocco, but not all articles have been implemented. The integrated water resources management for Morocco is outlined in the code and permits the decentralization to seven River Basin Authorities and two other regional agencies. There are about 63 waste treatment plants in the country and most are said to be non-functioning or functioning very poorly. As a result, wastewater is dumped directly into either in river beds or into the sea and causes huge environmental problems. There is very little reuse of treated wastewater, linked directly to the dilapidated state of treatment infrastructure. Coastal pollution in Morocco is a big problem, and groundwater is being contaminated by irrigated water.
L’organisation politique au Maroc
par Marie-Hélène Côté
Le régime politique
Le gouvernement.
Le Royaume du Maroc est l’une des plus vieilles monarchies héréditaires du monde. Fondée il y a 12 siècles, la Royauté constitue le garant de l’unité du pays et de la liberté des citoyens. Officiellement, on décrit le régime politique marocain comme étant une monarchie constitutionnelle, que plusieurs qualifieront toutefois de « démocrature ». Le pays connaît en effet une stabilité politique forte. Les mouvements contestataires sont encore faibles et le Roi Mohammed VI exerce un contrôle fort du système politique de son pays.
Le Maroc est un état islamique, c’est-à-dire que le système légal est en partie basé sur la loi de l’Islam. Les lois françaises et espagnoles ont aussi grandement influencé le système juridique. La monarchie est fortement liée au pouvoir religieux. En ce sens, le roi ou souverain amir al-mouminine, appartient aux Alaouites, dynastie chérifienne issue du Prophète.
« Le Roi, (…), représentant suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l’État, vielle au respect de l’Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités. » (art. 19 de la Constitution de 1996)
La branche exécutive du pouvoir est composée du chef de l’État, le Roi Mohammed VI , du premier ministre, Driss Jettou et du Cabinet, soit le conseil des ministres. Au niveau législatif, on compte 2 Chambres des Conseillers élus au suffrage universel et la Court Suprême est l’organe judiciaire le plus important du pays. Finalement, sur le plan administratif, le Maroc est divisé en 35 provinces dirigées par des gouverneurs nommés par le Roi et soumis au gouvernement central. On parle donc d’un régime plutôt unitaire.
Les partis politiques et les organisations syndicales.
Selon la Constitution, le Maroc est une démocratie pluraliste et compte de nombreux partis politiques et organisations syndicales.
En effet, 26 partis se sont présentés aux dernières élections en 2002. Parmi les plus influents, notons :
- l’Union Socialiste des Forces Populaires (grand parti de gauche)
- l’Union Constitutionnelle (parti pro-gouvernemental)
- le Rassemblement National des Indépendants (parti pro-gouvernemental)
- le Parti de la Justice et de la Démocratie (parti islamiste)
- le Parti de l’Istiqual (parti nationaliste)
Quant aux syndicats, les plus importants sont les suivants :
- l’Union Marocaine du Travail (UMT)
- l’Union Générale des travailleurs au Maroc (UGTM)
- la Confédération Démocratique du Travail (CDT)
- le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNES)
- l’Union Nationale des Étudiants Marocains (UNEM)
Les forces en présence.
Le Maroc se situe présentement à la lisière entre le changement et la continuité. Le jeune Roi moderniste continue d’occuper un rôle central sur l’échiquier politique du pays : bien qu’il semble disposé à moderniser et démocratiser le pays, il se confronte à la gigantesque machine du pouvoir érigée par son père Hassan II, le makhzen (le palais). Il s’agit d’un groupe informel de gens très proches de la monarchie qui, par un réseau d’alliances et de corruption, se sont appropriés l’essentiel des ressources et secteurs économiques importants au pays. Le makhzen constitue aujourd’hui une puissante mafia, agissant avec l’appui de protecteurs influents, notamment à Paris et à Washington.
L’autre grand pouvoir en présence est l’extrémisme islamisme. Les groupes islamistes gagnent actuellement du terrain, principalement dans les quartiers pauvres de Fez, Casablanca, Tanger, Salé. Les extrémistes qui ont participés aux dernières élections, en septembre 2002, à travers le Parti pour la Justice et la Démocratie, ont réussi à remporter 9 sièges sur 42. Ces groupes constituent en fait une menace pour la démocratie et les droits de l’Homme.
La démocratie
Une « démocrature ».
Au niveau politique, le pays se situe à mi-chemin entre un contexte de dictature (très autoritaire et cœrcitif sous le règne de l’ancien Roi, Hassan II), et les tentatives de modernisation de la part du nouveau Roi, Mohammed VI. Ces élans sont freinés par la présence de forts lobbies conservateurs, des forces du makhzen et aussi des mouvements religieux extrémistes.
Notons également que malgré les efforts démocratiques du nouveau Roi, il reste qu’en vertu de la Constitution marocaine de 1996, le pouvoir demeure extrêmement centralisé entre les mains du monarque… héritier du trône par hérédité et droit divin…
Les droits humains.
Bien qu’il soit écrit dans les textes de la Constitution marocaine que le Royaume du Maroc « souscrit aux principes, droits et obligations découlant des Chartes des dits organismes et réaffirme son attachement aux droits de l’Homme tels qu’ils sont universellement reconnus », les droits humains constituent toujours la bête noire du Maroc. Malgré les avancées des dernières années, on assiste chaque jour à des situations flagrantes de violation de ces droits, conséquences de la corruption du pouvoir politique et des forces de l’ordre. De nombreux groupes en sont victimes : les femmes, les enfants, les Amazighs, les pauvres. Voici une série de liens vers des articles portant sur ce sujet, écrits par des collaborateurs d’Alternatives
La situation des médias.
Dans les années 1990, alors que le Maroc connaissait une première vague d’ouverture et de démocratisation, la situation de la presse s’est améliorée : on assista à l’apparition de journaux et magazines indépendants, à la prolifération des sources d’informations disponibles… Mais si tous percevaient l’avènement de Mohamed VI en 1999 avec l’espoir de l’instauration d’un réel espace démocratique, il reste que l’on assiste depuis 2 ans à un durcissement marqué du régime, ressenti fortement par les journalistes de la presse indépendante. Depuis 2002, ils dénoncent fortement ce à quoi ils doivent faire face pour avoir publié des propos allant à l’encontre du pouvoir marocain : boycott des annonceurs, financement et privilèges accordés aux publications respectueuses du discours officiel, filatures et écoute téléphonique, la liste s’allonge…
Les mouvements sociaux et les forces progressistes
Les forces du changement démocratique. Beaucoup d’hommes et de femmes se sont investis ces dernières années afin de changer le contexte social des Marocains. Lentement, quelques batailles ont été remportées ici et là par des groupes communautaires et des ONG liés à la gauche : la mafia du makhzen a été largement dénoncée et quelques responsables, souvent boucs émissaires, ont dû assumer les conséquences de leurs actes. Le nouveau Roi a aussi procédé à la libération de plusieurs milliers de prisonniers et détenus politiques .ainsi qu’à la restriction (mais pas l’abolition) des pratiques de prédation et de violence perpétrées par les forces dites de « sécurité ».
Le mouvement des femmes.
Animé par des milliers de militantes de la gauche politique, le mouvement féministe marocain a lui aussi connu des avancées. Dans les dernières années, il a permis de lever le voile de l’oppression, mobilisant des dizaines de milliers de femmes, surtout des jeunes en milieu urbain de classe moyenne. L’adoption de la nouvelle moussawada, le code règlementant la conduite des femmes, semble avoir des répercussions positives sur la vie des femmes mais notons que ces changements sont lents et limités.
Le mouvement associatif.
Dans de nombreux quartiers et villages du Maroc, on assiste depuis quelques années à la prolifération d’un nouveau mouvement associatif de proximité, de micro-entreprises, d’éducation populaire, liant ensemble les thèmes de la démocratisation à ceux des défis sociaux (lutte contre la pauvreté, alphabétisation, protection de l’environnement et petite production agricole, etc.)… Une tâche colossale pour les gens qui travaillent à bâtir ce nouveau genre d’association populaire mais qui semble opérer tranquillement un changement en profondeur.
Les enjeux politiques locaux
Le déficit démocratique.
Dans ce pays marqué depuis des années par un régime autoritaire et centralisateur, il est parfois difficile de changer les choses. Ainsi, malgré de fortes dénonciations, le principal obstacle pour la coalition des groupes associatifs marocains reste la prévalence du makhzen, cet appareil souvent invisible et informel du pouvoir qui tire subtilement ses ficelles. À titre d’exemple, la mobilisation des femmes qui avait espéré briser le mur du statut de la femme s’est vu freiné par la mafia conservatrice qui continue de contrôler le palais, en dépit des efforts de Mohammed VI. À l’échelle locale, de nombreux projets pour sortir les démunis de la misère se sont vu privés de leur financement par ces gens qui ne voudraient surtout pas les plus pauvres se sentent de véritables citoyens.
La faiblesse de la gauche politique.
Du côté des mouvements sociaux, on dénonce l’incapacité de la gauche politique marocaine à reconnaître, à dialoguer et à appuyer ce nouveau mouvement populaire. L’USFP, le grand parti d’opposition de gauche, resterait enfermé dans des paradigmes antérieurs, où le social est subordonné au politique. C’est donc un grand appui dont doit se priver le nouveau mouvement populaire.
La pauvreté et le chômage.
Il y a aujourd’hui plus de 10 millions de Marocains vivant sous le seuil de la pauvreté, soit avec moins de 1,50$ canadien par jour. Cela représente le tiers de la population du Royaume. Par ailleurs, près de 800 000 enfants marocains ne fréquentent pas l’école. La plupart d’entre eux sont contraints de travailler. On dénonce également l’existence de nombreux réseaux pédophiles organisés, recrutant dans les quartiers pauvres, contribuant à l’essor d’un tourisme sexuel dans le pays.
Pour les jeunes, la situation est particulièrement difficile : plus de 35% des jeunes des diplômés universitaires qui sont sans emploi, et dans les quartiers populaires des centres-villes, le nombre de jeunes chômeurs est encore plus élevé. On accuse le pouvoir politique de n’avoir ni projet, ni ambition pour ces milliers de jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail.
Pour plusieurs, la solution se trouve dans l’exil. Chaque année, ils sont des milliers à tenter leur chance du côté de l’Europe où quelques uns trouveront un job illégal dans la production maraîchère ou vinicole, travaillant des heures durant pour de maigres salaires au noir. D’autres, moins chanceux, ne parviendront n’atteindront jamais les côtes de la Forteresse… Ainsi s’accumulent colères, misère et frustration chez la jeune population marocaine.
La montée des groupes islamistes extrémistes. Les quartiers pauvres et la misère sont des terreaux fertiles pour le mouvement islamique marocain. Captant la colère des humiliés et des déclassés, qui constatent que le monde actuel, libéral-capitaliste-démocratique, les exclus, ces groupes font chaque jour de plus en plus d’adeptes. Ce qu’ils proposent est toutefois effroyable et extrêmement autoritaire : un abandon de la société aux forces de la réaction sociale. Empruntant le langage de la religion, ces groupes disposent d’un pouvoir immense. Par surcroît, dans les quartiers populaires, via l’espace des mosquées, ils déploient une petite armée d’intellectuels qui envahissent le champ culturel et qui sont capables, on l’a vu récemment dans le débat sur le statut de la femme, de s’imposer. Finalement, c’est aussi la violence qui guette le pays avec la montée en puissance des groupes islamistes extrémistes : en mai dernier, la société marocaine a découvert avec stupéfaction que plusieurs centaines, voire même des milliers de jeunes marocains, étaient prêts à passer au Jihad.
Liens entre les luttes locales et internationales
Il va sans dire, le Maroc traverse actuellement une période cruciale de son histoire. La corruption du pouvoir politique, liée principalement à une ancienne élite supportée par le régime français, est un problème auquel plusieurs pays autrefois colonisés doivent faire face. L’influence de cette élite est pesante et ses moyens sont puissants.
La bataille pour la démocratie est toujours loin d’être gagnée : comme dans plusieurs autres pays arabes tel l’Égypte, il faut combattre la montée du pouvoir des Islamistes dans les quartiers populaires et y instaurer des services pour la population pauvre, stratégie déjà utilisée par les groupes religieux extrémistes. Il faut également confronter le discours totalitaire, fasciste, raciste et anti-femmes des Islamistes et retourner la colère contre les vrais responsables du chaos actuel : le capitalisme mondialisé, qui maintient le pays dans la pauvreté et permet l’accentuation du fossé entre riches et pauvres de ce monde. C’est donc tout un travail d’éducation populaire contre le discours néo-libéral et pour le pacifisme qu’il faut opérer au Maroc, comme dans tous les pays du monde.
En terminant, l’un des défis du Maroc actuel se trouve dans la participation des Marocains à la construction d’un nouvel internationalisme, dans le sillon de Porto Alegre, mais en lui donnant une plus forte coloration africaine et arabe. Les mouvements sociaux et groupes communautaires réclament ardemment la construction d’un espace où tous pourront débattre librement et ouvertement de leur avenir, se serrer les coudes de manière à coordonner les luttes et les efforts de tout un peuple vers la démocratie.

